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Armoire de gaz laboratoire de recherche

Sécuriser une unité de recherche grâce à une armoire de gaz : les 6 étapes clés de conception

Au sein d’une unité de recherche de La Rochelle Université, des équipes scientifiques manipulent quotidiennement des gaz sensibles : dioxyde de carbone (CO₂), dioxyde de soufre (SO₂), azote et hélium.
Ces fluides, aux propriétés parfois toxiques et corrosives, imposent des exigences élevées en matière de sécurité, de fiabilité et de maîtrise des installations.
Face à ces contraintes, l’enjeu n’était pas uniquement de fournir des composants adaptés, mais de concevoir une armoire de gaz capable de sécuriser les usages et de faciliter l’exploitation au quotidien.
Ce retour d’expérience met en lumière six décisions de conception clés qui ont permis de transformer cette installation gaz en système maîtrisé, depuis l’étude initiale jusqu’à la mise en service.

 

Le besoin de l'unité de recherche : renforcer la sécurité des installations et des opérateurs

Le laboratoire de La Rochelle Université souhaitait avant tout renforcer la sécurité de ses installations et protéger les opérateurs manipulant des gaz sensibles, toxiques et corrosifs. L’objectif était de maîtriser les risques liés aux gaz, grâce à une solution globale intégrant des dispositifs de sécurité adaptés et une conception de leur système fluide pensée pour un usage fiable et sécurisé dans le temps.


La solution mise en œuvre : une armoire de gaz 

Pour répondre aux exigences de l’unité de recherche de La Rochelle Université, nous avons conçu une armoire gaz coupe‑feu sur mesure, véritable cœur du système fluide du laboratoire.

 

D’un poids d’environ 600 kg, cette armoire a été pensée non comme un simple contenant, mais comme un ensemble fonctionnel intégrant plusieurs niveaux de sécurité, adaptés à la manipulation de gaz toxiques, corrosifs et sous pression.
L’armoire est classée G90, assurant une résistance au feu conforme aux exigences du laboratoire, et intègre une ventilation haute et basse optimisée afin de maîtriser les flux d’air et d’éviter toute accumulation de gaz. Pour les lignes véhiculant des gaz toxiques, un système d’aspiration par venturi a été intégré, permettant de capter efficacement les gaz en cas de dégagement.


Les lignes d’analyse impliquant des produits soufrés, notamment le SO₂, ont fait l’objet d’un traitement Sulfinert, garantissant la compatibilité chimique et la fiabilité des mesures dans le temps. L’ensemble du système est également équipé de soupapes de mise en sécurité contre la surpression, ainsi que de flexibles dotés de câbles anti‑fouet sur chaque détendeur, afin de sécuriser les phases de détente et les interventions des opérateurs.

L'armoire de gaz en photos et plan

Armoire de gaz université la rochelle (3)
Armoire de gaz université la rochelle
Armoire de gaz université la rochelle (2)
Plan armoire de gaz université la rochelle

Cette solution est le résultat d’un projet structuré, construit étape par étape. Retour sur les six décisions de conception clés qui ont permis d’aboutir à cette installation sécurisée.

 

 

Étape 1 : analyser l’environnement et les usages réels

Le projet a débuté par une étude de terrain au sein du laboratoire. Cette phase a permis d’analyser : 
  • l’installation existante,
  • les gaz manipulés et leurs contraintes spécifiques,
  • les conditions d’exploitation (pression, température, fréquence d’utilisation),
  • les pratiques des opérateurs et les besoins liés à la maintenance.

Cette analyse a constitué la base de la réflexion, afin de concevoir un système réellement adapté aux usages du laboratoire de recherche. 

 

Étape 2 : structurer la conception et la documentation

À partir des éléments recueillis et du cahier des charges du client, la conception s’est appuyée sur une documentation complète : 
  • schémas P&ID pour visualiser les flux de gaz,
  • plans 3D pour anticiper l’implantation et l’ergonomie de l’armoire,
  • nomenclature détaillée conforme au cahier des charges du laboratoire.

Cette structuration a permis de sécuriser les choix techniques et de garantir une lecture claire du système pour toutes les parties prenantes. 

 

Étape 3 : anticiper le comportement des gaz

Les gaz utilisés au sein de l’unité de recherche présentent des comportements spécifiques, notamment lors de la détente ou en situation de surpression. La conception a donc intégré :
 
  • des calculs liés à l’échauffement des gaz lors de la détente,
  • la prise en compte des phénomènes de corrosion et de contamination.

 Cette anticipation a renforcé la robustesse du système dans toutes les conditions d’utilisation. 

 
 

Étape 4 : sélectionner les matériaux et composants adaptés

La compatibilité chimique a constitué un point clé du projet. Pour les lignes d’analyse impliquant des produits soufrés (SO₂), des traitements spécifiques ont été retenus afin de préserver l’intégrité des lignes et la fiabilité des analyses.
La sélection des composants a été réalisée en tenant compte :
  • des contraintes chimiques et mécaniques,
  • des exigences de sécurité du laboratoire,
     

Étape 5 : assembler et tester en atelier

Avant la mise en service sur site, l’armoire a été assemblée et testée dans notre atelier à Genas (69)   . Cette phase a permis de vérifier :

  • l’étanchéité des lignes (tests à l’hélium),

  • la conformité aux spécifications définies,

  • le bon fonctionnement global du système.

     

 Ces essais ont contribué à un démarrage maîtrisé de l’installation. 

 

Étape 6 : accompagner la mise en service

La dernière étape a consisté à accompagner la mise en service de l’armoire au sein du laboratoire. Cette phase a permis de :

  • valider le fonctionnement en conditions réelles,

  • faciliter la prise en main par les équipes,

  • s’assurer que les objectifs de sécurité et de fiabilité étaient atteints.

 

Quels ont été les bénéfices pour le laboratoire ?
 
  • Renforcement de la sécurité des installations et des opérateurs, grâce à une solution spécifiquement conçue pour la manipulation de gaz sensibles, toxiques et corrosifs
  • Protection accrue de l’environnement du laboratoire via une armoire coupe‑feu classée G90
  • Maîtrise des flux de gaz grâce à une ventilation haute et basse optimisée
  • Sécurisation des lignes de gaz toxiques par l’intégration d’un système d’aspiration par venturi
  • Compatibilité assurée avec les gaz soufrés (SO₂) grâce au traitement Sulfinert des lignes d’analyse
  • Mise en sécurité des lignes contre la surpression par l’intégration de soupapes adaptées
  • Réduction des risques lors des phases de détente et d’intervention grâce à des flexibles équipés de câbles anti‑fouet

Ce projet mené pour l’Université de La Rochelle illustre l’importance d’une conception globale du système fluide dans les environnements de recherche. De l’étude terrain à la mise en service, chaque décision contribue à transformer une installation gaz en véritable outil au service de la recherche, sécurisé, fiable et évolutif.

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